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Expatriation dans les Émirats : 3 filles, 1 pays, 3 destins.

 


Un soir à Abu Dhabi autour d’une chicha, en compagnie de Marilia la brésilienne, Ioana la roumaine et Sara la suédoise (d’origine iranienne). Une soirée riche en émotions avec des filles qui n’ont pas froid aux yeux et qui prennent en main leurs destins comme des reines.

J’ai souhaité réaliser cette interview afin de partager avec vous les expériences de ces 3 “filles du monde”, qui pourront vous être utiles si vous souhaitez vous expatrier dans cette partie du globe. Avec la crise qui dure, de plus en plus de personnes partent s’installer à l’étranger. Allez-vous oser franchir le pas?

RENCONTRE

©Allaroundthegirl

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©AllaroundthegirlQui êtes-vous? Comment êtes-vous arrivées à Abu Dhabi?

– M : Je m’appelle Marilia, je suis brésilienne, j’ai 28 ans. J’ai quitté le Brésil en 2009 pour suivre mon mari en Jordanie. Il est Chef cuisinier et avait trouvé un très bon job à Amman. Je l’ai donc bien entendu suivi sans réfléchir une seconde. Nous sommes restés à Amman un an et demi où j’occupais un poste d’hôtesse d’accueil dans le même restaurant brésilien que mon mari.
Nous avons eu du mal à nous faire à ce pays et avons décidé de nous expatrier dans les Emirats. Mon mari a reçu différentes propositions de postes à Dubaï et Abu Dhabi, mais nous avons choisi Abu Dhabi pour son côté plus traditionnel et moins “industriel”. Depuis 2011 mon mari travaille dans un grand restaurant brésilien d’Abu Dhabi, quant à moi je travaille en tant qu’Assistante Administrative au sein de l’Ambassade du Brésil.

– I : Je m’appelle Ioana, je suis roumaine, j’ai 27 ans. Je voulais absolument quitter mon pays puisque j’ai toujours su que je n’aurais jamais la carrière que je souhaite en restant là bas. Les salaires sont très bas et la qualité de vie est très mauvaise. C’est donc tout naturellement que j’ai commencé à envoyer des CV partout à travers le monde et tout particulièrement en Europe. Lorsqu’on est roumains, il est difficile d’obtenir un visa et malgré des entretiens positifs, je n’ai jamais réussi à obtenir de visa pour l’Europe. Une amie à moi travaillait depuis quelques temps à Abu Dhabi et j’ai décidé d’aller la retrouver. Après tout, pourquoi pas ! C’est avec l’hôtel InterContinental d’Abu Dhabi que j’ai décidé de me lancer. J’ai débuté dans les Relations Clients puis ai été promue récemment. J’occupe actuellement un poste de Coordinatrice en événementiel.

– S : Je m’appelle Sara, je suis suédoise d’origine iranienne, j’ai 28 ans. Je travaillais dans un hôtel à Miami en tant que réceptionniste, et lorsque mon visa a pris fin en 2009, il n’a malheureusement pu être renouvelé. En effet, la crise se faisait déjà ressentir, et il était alors difficile pour les étrangers de prolonger leurs visas à cette époque. Mon manager m’a suggéré de tenter une expérience dans les émirats. Il connaissait du monde là bas et pouvait appuyer ma candidature. Je me suis lancée sans trop réfléchir et j’ai rapidement été embauchée par l’InterContinental d’Abu Dhabi, au sein du département Relations Clients tout comme Ioana. Depuis un an, je suis en charge des Relations Publiques de l’hôtel.
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©AllaroundthegirlQuelles ont été vos premières impressions dès votre arrivée dans le pays?

– M : Grâce à mon expérience en Jordanie, je connaissais plus ou moins la culture musulmane et savais à quoi m’attendre. J’ai été agréablement surprise lors de mon arrivée à Abu Dhabi puisque je me suis sentie tout de suite plus à l’aise qu’à Amman. Il n’y avait pas beaucoup d’étrangers et j’avais l’impression de ne vraiment pas avoir ma place. Dans les émirats c’est différents, nous sommes un grand nombre d’expatriés, du coup, on se fond un peu dans la masse. À Amman, je n’avais que très peu d’amis. La plupart était des hommes qui travaillaient avec nous au restaurant. À Abu Dhabi, j’ai tout de suite rencontré des gens de tous horizons. Beaucoup de mes amis sont brésiliens mais mon environnement reste très international !

– I : Dès mon arrivée à Abu Dhabi j’ai été frappée par la forte chaleur ! Deux managers de l’hôtel sont venus m’attendre à l’aéroport, ce qui a suscité pas mal de jalousie au sein de l’hôtel alors que personne ne me connaissait encore… “Pourquoi deux managers se déplacent pour elle?” se demandaient mes collègues? À cause de ce détail stupide, mes débuts au sein de l’hôtel ont été difficiles. J’ai dû lutter durant les 6 premiers mois pour me faire une place et montrer de quoi j’étais capable. Ce qui m’a aussi déçue c’est l’appartement de fonction. Je savais que je devrais le partager mais lorsque je suis arrivée dans ma chambre, j’ai réalisé que nous étions 5 au total dont 3 dans la même chambre. Je me suis sentie comme piégée, emprisonnée. Aucune intimité et un espace de vie plus que limité. Étant très ambitieuse je me suis dit que je tiendrais le coup et que je faisais tout ces sacrifices pour une bonne raison : mon évolution de carrière.


Et votre style vestimentaire? A-t-il changé?

– M : Bien sûr ! Je viens du Brésil où l’on aime porter des vêtements courts et légers. Depuis mon expérience en Jordanie, j’ai appris à couvrir certaines parties de mon corps. Je ne porte plus de tops trop décolletés ou de jupes trop courtes. Et puis, ici la climatisation est tellement forte que vous êtes obligées de vous couvrir un minimum au risque d’attraper froid ! Quel comble ! En revanche, lorsque je sors avec des amis, j’aime m’habiller sexy tout en restant correcte, mais je porte volontiers une belle paire de talons avec une petite robe !

– I : Je suis consciente qu’il y a des choses à ne pas porter puisque nous vivons dans un pays musulman mais je n’ai rien changé à mon style. J’aime les vêtements, les sacs, les chaussures et je continue d’acheter et de porter ce qui me plaît. Seule chose qui me manque, c’est de ne plus pouvoir sortir de chez moi sans soutien-gorge ! Ça fait un peu désordre ici !

– S : J’ai été surprise de constater que le pays était plus ouvert d’esprit que je ne l’imaginais. J’ai mon propre style et ne fais pas attention au regard des gens. Je continue de porter mon bikini à la plage et mes petites jupettes dans les rues d’Abu Dhabi.

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©AllaroundthegirlEt les rencontres alors, ça se passe comment?

– M : Je reste persuadée que tout les habitant de ce pays fonctionnent par intérêt. Locaux et étrangers ! La nouvelle génération de locaux est assez difficile à cerner. Ils pensent que tout est permis, ils croient pouvoir obtenir tout ce qu’ils veulent et peuvent parfois être très impolis avec les étrangers. Les locaux plus ouverts d’esprits, ayant fait des études et ayant voyagé sont beaucoup plus intéressants. Ils ne mettent presque pas de limites entre eux et nous et il est alors agréable d’échanger avec eux sur nos différences culturelles par exemple. En bref, locaux ou étrangers, il est difficile d’accorder sa confiance. Nous vivons dans un pays où les gens ne sont bien souvent que de passage. Méfiance donc !

– I : Grâce à mon travail, je rencontre régulièrement des clients du monde entier. J’aime discuter avec eux. Ils me racontent leurs vies dans leurs pays, cela m’intéresse et m’enrichit un peu plus chaque jour. Concernant les relations amoureuses, ma règle de conduite est simple : “N’accorder aucune importance à une rencontre faite en boîte ou dans un bar”. La population locale ne voit pas souvent les étrangères d’un très bon œil. La plupart pensent que nous sommes des assoiffées de sexe et que nous sommes toutes les mêmes ! C’est dingue !

– S : Avec mon précédent petit ami qui était quelqu’un de très affectif, il nous arrivait de nous embrasser furtivement dans la rue ou même de marcher main dans la main. Cela ne pose pas vraiment de problème et personne ne m’a jamais rien reproché.

©AllaroundthegirlMarilia, Ioana et Sara dans un futur proche ça donne quoi?

– M : J’aime beaucoup Abu Dhabi. Tant que tu connais et que tu respectes les règles, ta vie est cool. Il y a des choses qui ne doivent pas se montrer même si tout le monde le sait, mais c’est comme ça. Tout doit être caché, c’est la mentalité du pays qui veut ça. On s’y fait ou on s’en va ! Je ne me vois pas retourner au Brésil avant une bonne quinzaine d’années… Mon mari aimerait y retourner mais moi j’ai encore soif d’aventures, de nouveaux pays, de nouvelles rencontres. Je suis simplement attentive aux opportunités qui s’offrent à nous, peu importe la destination.

– I : Je pense perpétuellement à ma carrière et cette expérience à Abu Dhabi est très importante pour moi. Je compte y rester encore une année ou deux minimum pour ensuite tenter une nouvelle expérience en Australie. Je ne veux plus jamais retourner en Roumanie si ce n’est pour rendre visite à mes proches. Je sais que la Roumanie n’a plus rien à m’offrir alors je vais chercher mes rêves ailleurs.

– S : Quand je suis arrivée à Abu Dhabi je pensais y rester un an ou deux grand maximum. Cela fait presque 4 ans aujourd’hui et je suis vraiment très satisfaite de la vie que j’y mène. J’ai mon cercle d’amis, mes habitudes, mon petit cocon dans lequel je me sens bien. Je ne pense pas y vivre toute ma vie, mais pour le moment je ne pense pas à partir.

Un conseil pour nos lectrices qui souhaitent s’expatrier dans les émirats?

– M : Rester toujours sur ses gardes. Même si le pays est très sûr, beaucoup de personnes se retrouvent avec de faux contrats de travail ou encore sans salaire pendant plusieurs mois. Il faut être très vigilantes quant à toute cette partie administrative qui peut s’avérer tourner au cauchemar pour certaines. Une fois que vous êtes installées, il ne vous reste plus qu’à profiter de la Dolce Vita. La vie à Abu Dhabi est vraiment très agréable.
©AllaroundthegirlUn grand merci à Marilia, Ioana et Sara pour cette interview/chicha bien sympathique !

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